En Ontario, les établissements d’enseignement postsecondaire publics sont financés par le gouvernement, par les étudiantes et étudiants individuels qui paient des droits de scolarité et – parfois – par des donatrices et donateurs privés (particuliers ou entreprises). Depuis le début des années 1980, les établissements se fient en grande partie au financement gouvernemental. Or, récemment, les gouvernements ont procédé à d’importantes compressions ayant forcé les établissements à solliciter d’autres sources de financement.

Pour que les collèges et les universités de l’Ontario puissent répondre à la demande croissante d’une population qui évolue tout en offrant la qualité d’enseignement et de recherche, ils doivent pouvoir compter sur un financement stable, prévisible et adéquat pour établir leurs budgets.

L’Ontario a le taux de financement par étudiant pour les collèges et universités le plus faible de tout le Canada, et cet écart n’a fait que s’élargir au cours des dernières années. En dollars réels, l’Ontario continue de dépenser moins par étudiant-e pour l’éducation qu’il y a deux décennies : les dépenses par étudiant affectées à ce titre par la province ne représentent que 78 % de la moyenne canadienne.

Les effets d’un tel sous-financement sont lourds de conséquences sur la qualité de l’enseignement dispensé partout dans la province. D’autres compressions qui ont été faites dans les établissements d’enseignement sont la manifestation d’un symptôme chronique d’insuffisance de financement, et divers établissements ont instauré des gels d’embauche et ont compté de manière importante sur des effectifs moins dispendieux en embauchant du personnel enseignant contractuel et à temps partiel. Par conséquent, avec un nombre d’étudiantes et d’étudiants par professeur qui dépasse de 15 % toutes les autres provinces, l’Ontario affiche le pire taux d’encadrement au Canada et traîne loin derrière les établissements d’enseignement des États-Unis. Le taux d’encadrement a une incidence sur la taille des classes, les choix de cours et de programmes offerts, les rapports entre les étudiantes et étudiants et le personnel enseignant, et les possibilités de recherche qui leur sont offertes.

Le financement insuffisant des collèges et universités a fait que les établissements dépendent de plus en plus du financement fourni par le secteur privé. Les étudiantes et étudiants et le personnel enseignant doivent donc souvent présenter leurs projets de recherche de façon à satisfaire des intérêts privés. Cela limite l’innovation et la créativité et peut également compromettre la liberté et l’intégrité universitaires.

Durant la toute dernière crise financière, les universités de l’Ontario ont connu des pertes massives dans leurs placements. En raison de l’insuffisance de financement systémique, certains établissements ont perdu jusqu’à 30 % des fonds de pension et de dotation – une source de fonds destinée aux dépenses de fonctionnement, aux salaires et à l’aide financière. Cette perte de fonds a entraîné des réductions dans les budgets de fonctionnement des établissements, alors que les étudiantes et étudiants ont été tenus de payer davantage pour leur éducation.

L’éducation postsecondaire doit cesser de dépendre du financement fourni par le secteur privé et par la commercialisation. La qualité des programmes et l’autonomie de la recherche ne peuvent être maintenues que par un financement public adéquat et stable.