Les étudiantes et étudiants de l’Ontario paient les frais de scolarité les plus élevés de tout le Canada. Ils paient 29 pour cent de plus que la moyenne canadienne au premier cycle, et aux cycles supérieurs, 41 pour cent de plus. Au cours des 20 dernières années, les frais de scolarité des collèges de l’Ontario ont dépassé l’inflation de 435 pour cent, et les frais de scolarité du premier cycle universitaire, de 601 pour cent.

Depuis 2006, sous le cadre provincial intitulé Vers des résultats supérieurs, les frais de scolarité ont augmenté en moyenne de cinq pour cent par année dans la province. Il s’agit d’une hausse cumulative moyenne de 41 pour cent, tandis que d’autres programmes ont subi des hausses atteignant jusqu’à 71 pour cent. En même temps, la dette d’études moyenne pour un programme de premier cycle de quatre ans a augmenté à plus de 37 000 $, en prêts gouvernementaux et privés combinés.

Les frais de scolarité demeurent l’obstacle le plus important pour les étudiantes et étudiants qui veulent poursuivre des études postsecondaires. Cet impôt uniforme régressif empêche non seulement de nombreuses personnes à faible ou moyen revenu d’obtenir une éducation au collège ou à l’université, mais il limite aussi les choix éducationnels de ceux et celles qui en ont les moyens.

Les frais de scolarité élevés ont une incidence discriminatoire sur les étudiantes et étudiants racialisés pour des raisons de racisme systémique et de marginalisation économique. Les coûts immédiats élevés de l’éducation, une moyenne de revenus plus faible, les taux de pauvreté plus élevés et d’autres facteurs systémiques font que les étudiantes et étudiants racialisés paient davantage, s’endettent plus lourdement et retirent moins d’avantages de leurs études.

Les obstacles financiers servent maintenant d’excuse pour créer une bureaucratie coûteuse et inefficace afin de gérer un système de prêts qui a transféré le coût de l’éducation postsecondaire du gouvernement aux étudiantes et étudiants. Alors que les revenus des diplômées et diplômés déclinent depuis des années, les frais de scolarité et la moyenne de dettes d’études augmentent. Ces réalités aggravent les inégalités sociales déjà présentes, répriment la créativité et la mobilité des jeunes en Ontario, et retardent la capacité des nouvelles et nouveaux diplômés de participer pleinement à l’économie.

Le gouvernement provincial réglemente les frais de scolarité en Ontario par l’entremise d’un cadre établi à cet effet. Le cadre actuel permet une majoration des frais de scolarité pour la population étudiante canadienne de jusqu’à trois pour cent pour la plupart des programmes, et jusqu’à cinq pour cent pour les programmes d’études supérieures, les facultés de professions libérales et les programmes « en forte demande ». De plus, les frais de scolarité des étudiantes et étudiants étrangers ne font l’objet d’aucune réglementation. Ce cadre est en vigueur depuis mai 2013 et viendra à échéance en 2017.

La Fédération réclame depuis longtemps l’élimination progressive des frais de scolarité, en vue d’obtenir, comme but ultime, un système d’éducation gratuit. En 2012, la Fédération avait résolu de créer et de mettre en œuvre un plan d’action provincial pour mobiliser les étudiantes et les étudiants partout dans la province axé sur une stratégie à long terme de réclamer une augmentation dans le financement de nos institutions et une réduction des frais de scolarité.

La campagne la plus récente de la Fédération concernant les frais de scolarité, Combattons les frais, a été mise sur pied en anticipation des élections provinciales de 2018, étant donné que les étudiantes et les étudiants voudraient que chaque responsable politique fasse du financement de l’éducation postsecondaire un enjeu électoral.